poésie civique pour troll

Normal, tout ça ?
Oui, malheureusement.
- D'un point de vue d'usager, je paie assez cher mon titre de transport pour que le boulot soit correctement fait, c'est-à-dire qu'il respecte l'usager car ce dernier n'est pas du bétail, ceci en me parlant et en me demandant mon titre de transport, ce qu'il n'a pas fait. Je rappelle qu'il a prononcé un unique mot : bonjour.
J'attends le jour où un agent de la ratp me rétorquera que je ne paie qu'une partie de mon titre de transport, ce qui est vrai et faux à la fois. Je paie une partie car l'Etat paie le reste. Et c'est pas la ratp qui fixe les tarifs, c'est le Stif (syndicats des transports de l'île de France). Mais l'Etat, c'est qui ? C'est lui, c'est moi, c'est tout le monde, c'est mes impôts. C'et sûrement pas un généreux tiers philantrope et anonyme qui me paie mes tickets parce que je suis mignon.
- D'un point de vue civique, son comportement est stupéfiant et irrespectueux au possible. Je parle ici de lui en tant que personne, pas en tant qu'agent de la ratp.
On nous apprend, dans les fonctions publiques, à ne pas prendre les critiques personnellement. Les critiques sont adressées au professeur, à l'agent ratp, au guichetier de la poste, etc... mais pas à la personne.
Mais là, je m'adresse à la personne. Quel cruel manque de civisme, de politesse ! Il arrive, se poste devant nous comme un cow-boy, nous assène un bonjour en tout et pour tout. Pas un "Contrôle des billets !", encore moins une phrase entière avec une formule de politesse. Non. Il pose la violence de facto de son statut face à nous et compte sur la crainte inspirée pour que le pékin obéisse à l'ordre silencieux. Pas un merci.
"Cela l'obligerait à dire bonjour à chaque usager ou à chaque groupe de banquettes, et ça fait beaucoup ?" La question ne se pose pas. Nous sommes des êtres sociaux.
Il faut absolument que je pense, la prochaine fois, à attendre une demande. Sinon, je répondrai "bonjour" à son bonjour, et j'attendrai la suite.
(J'avais fait un petit scandale, il y a deux-trois ans, dans un train de la sncf.
J'avais réservé un billet non-fumeur et je me suis retrouvé dans un wagon fumeurs.
J'ai alors dit au contrôleur, quand il arriva à mon niveau, que je n'avais pas de ticket ; j'avais espéré qu'il prendrait mes coordonnées pour m'envoyer une amende car je voulais lui communiquer un nom et une adresse foireux ; je n'avais pas prévu qu'il allait en fait me menacer de me faire descendre à la prochaine gare et prévenir la police. Je lui sortis alors mon ticket tout en reprochant le problème de wagon cancéreux. Il me dit, sur le ton du reproche, que mon attitude était une "entrave à service". il dit aussi que concernant les wagons, c'était un des wagons qui n'étaient pas encore aux normes. Rien sur leur informatique foireux qui donne une place fumeur à un non-fumeur.
A mes yeux, la santé publique (et la mienne) ont une importance bien plus critique que le trajet d'un train.
Il partit sans porter plainte comme il avait osé me menacer.)
Je reviens à mon mouton.
Aujourd'hui, j'entends à la radio une annonce pour le concours de poésie de la ratp avec une voix déclamant à peu près ces mots, de façon enjouée :
"Contrôle des tickets !
Vos titre de transports, s'il-vous-plaît !
Contrôle des tickets !
Puis-je me permettre de vous demander votre billet ?"
Publicité