citoyen éclairé

J'ai cessé de travailler le 9 octobre 2004. Depuis, je n'ai plus aucun revenu.
Là, depuis septembre 2004, en l'espace de sept mois donc, les impôts m'ont demandé :
- les impôts de 2002
- les impôts de 2003
- les deux tiers provisionnels de 2004
Grand prince, j'ai payé :
- les impôts de 2003
- les deux tiers provisionnels de 2004
Et les impôts de 2002 ?
Sans mauvaise foi, et pour résumer :
En 2002, pour la première fois de ma vie, j'ai changé de boulot, et lors de la rédaction de la déclaration de revenus de 2002, j'ai utilisé la case "total imposable" de ma fiche de paie de décembre 2002. Malheureusement pour moi, cette case ne tenait pas compte de mes salaires reçus du premier employeur... ce que j'ignorais. J'ai donc gagné plus que ce que j'ai déclaré.
Les impôts s'en sont rendus compte en 2004 car je leur ai écrit (je suis de bonne foi) pour leur demander des facilités de paiement pour les impôts de 2003 car je ne travaille plus ; l'argent, je l'ai économisé pour subsister pendant ces études.
Résultat : en 2004, ils me demandent de payer les impôts de 2003 + ces impôts de 2002 avec un pénalité de retard (je paie la pénalité car ils ont fait leur boulot en retard).
J'ai failli tout payer. A l'heure où je tape ces mots, il ne me resterait sur mon compte que la somme pour assurer le crédit de ma voiture pendant 3 mois, rien d'autre, rien de plus. Après, c'est zéro euro.
J'ai pris la décision de refuser de payer. Je vais me démerder, vider mon compte pour que les impôts voient que je n'ai rien pour eux.
Je vais vider mon compte et discrètement donner mes économies à un proche qui assurera les paiements pour moi : crédit voiture et facture téléphone. Je vous fais grâce de tout ce que j'ai restreint : forfait téléphone, abonnement transports....
Je ne me considère pas comme un mauvais payeur. Comme je l'ai déjà dit, je viens de lâcher, en 7 mois, les impôts d'une année et deux tiers. Je ne peux pas avoir le RMI car je suis étudiant. Pas de bourse d'études car j'ai plus de 26 ans. Aucun revenu possible, en somme.
Je me considère comme un citoyen honnête, responsable. Ce métier que je prépare pendant ces études, c'est Professeur des Ecoles. Je ne le fais pas pour les vacances, pour les heures de travail, pour je-ne-sais-quelle-raison à la con qui attire certains parasites arrivistes. Je le fais parce que j'y crois, parce que je veux faire de ces petits de futurs personnes responsables, conscientes et respectueuses du monde dans lequel elles vivent. Le monde, c'est-à-dire la nature comme les personnes. Mais aussi des personnes futées, ouvertes, intelligentes, alertes, intellectuellement armées pour se faire leur place et s'en sortir. Des citoyens, en fait...
L'homme est un loup pour l'homme, c'est ma conviction. On en voit la preuve chaque jour. Les jours de gros cafard, je ne crois plus en grand-chose, voire en plus rien... Mais ces jours-là sont bien loins. J'ai donc décidé de faire mon possible, à mon échelle, pour tenter d'inverser cette tendance. D'où mon choix professionnel, aussi utopique soit-il.
Ainsi, je vais faire ce que je pense normal et intellectuellement honnête (à l'opposé de leur logique de procédure administrative sourde et aveugle) : ne pas me laisser pourrir par ces petits fonctionnaires butés afin de poursuivre mon but. Et dès que ma situation sera pérénisée, alors je paierai. Pas avant. Je paierai car je sais que les impôts, même s'ils sont élevés et qu'ils servent à payer des loyers à 15 000 euros, entretenir un parc automobile démesuré par rapport aux besoins réels des agents de l'Etat, acheter des avions de chasse à l'heure de l'Europe de la défense, subventionner le show-investiture de Sarkozy et je-je-sais-quoi d'autre d'indispensable pour les Français mais qui nous est caché, cet argent sert aussi dans un optique de solidarité, de redistribution, qui sert car il se retrouve dans les écoles et autres choses si triviales qu'elles n'effleurent même pas tous ces politiques... le "fraternité" de la devise de la France...
Demain, je vais les voir pour leur notifier ma décision. A suivre...

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